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Motion — Contre le comité de suivi et le nouvel arrêté doctoral

Motion — Contre le comité de suivi et le nouvel arrêté doctoral

Par la présente motion, le Centre d’Études sur les Médias et l’Internationalisation (CEMTI) et l’UFR Culture et communication de l’Université Paris 8 entendent s’opposer, d’une part, au nouveau décret fixant le cadre national de la formation et les modalités conduisant à la délivrance du diplôme national de doctorat et, d’autre part, à la mise en place du suivi de carrières.

Discuté au printemps 2016 et mis en application dès la rentrée universitaire par certaines universités (dont notre partenaire de Comue), le décret sur le doctorat participe de la libéralisation de l’enseignement supérieur, de la déstabilisation de la recherche universitaire et de la précarisation accrue des personnels les plus fragiles de l’ESR. En dépit des arguments avancés par le Ministère, la vérification annuelle de l’avancée des travaux sur des critères qui ne seront plus seulement scientifiques renforcera les inégalités entre doctorant·e·s. Au fil des ans, les financements de thèse se font de plus en plus rares et les conditions matérielles d’exercice toujours plus difficiles. Ce décret inaugure même un nouveau tournant utilitariste en stipulant que la formation doctorale « par la recherche » devra, dorénavant, être dédiée « à la production de connaissances présentant un caractère innovant ». C’est là subordonner toujours davantage la recherche universitaires aux logiques du monde entrepreneurial et marchand.

Cette indexation du doctorat à la logique de l’innovation et de la rentabilité à court terme, s’accompagne évidemment d’un éloignement des normes de scientificité. Concrètement, il s’agira, tant dans les comités de suivi individuel que lors des soutenances de thèse, d’écarter les directrices·teurs de thèse des décisions, ne reconnaissant plus dès lors le travail de direction de thèse que comme un simple accompagnement. Par ailleurs, après des années de labeur, un·e doctorant·e se retrouvera face à un jury qui pourra ne pas valider sa thèse. Une prime sera, par là, donnée aux héritièr·e·s qui seront les seul·e·s à pouvoir prendre ce risque.

Cette nouvelle normalisation des procédures qui consacre une université toujours plus contrôlée et hétéronome va de pair avec la tentative de nous imposer le suivi de carrières des enseignant·e·s chercheur·e·s. Ici, nous rejoignons les motions votées par l’UFR SEPF, ainsi que les nombreuses sections CNU qui en contestent la mise en place. En effet, cette nouvelle injonction évaluative rendra nos conditions de travail, déjà affectées par la réduction de nos moyens humains et financiers, de plus en plus difficilement supportables. Accroître sensiblement le caractère individuel de l’évaluation de la production scientifique et pédagogique conduira à une concurrence accrue des enseignant·e·s-chercheur·e·s, favorisera le localisme et le népotisme. Il s’agit là sans aucun doute de préparer la modulation de service et de construire une université à deux vitesses. Les moins bien notées seront intimées de se consacrer à la mise en place de formations à moindre coût servant à fournir la main d’œuvre aux bassins d’emploi desquels elles ressortiront. La recherche sera alors l’apanage des universités les plus « prestigieuses ».

Nous ne saurions accepter une énième attaque, qui vise chaque fois un peu plus à détruire le service public. Que ce soit pour les doctorant·e·s, les docteur·e·s, les BIATOSS, les contractuel·le·s, les titulaires, nous refusons les logiques entrepreneuriales qui nous sont imposées. Nous invitons toute la communauté universitaire à se joindre à nous et appelons à une mobilisation collective, pour que nous puissions décider ensemble de notre futur et être force de proposition.

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