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Le CEMTI

  • Présentation

    Le Centre d’Études sur les Médias, les Technologies et l’Internationalisation (CEMTI – EA 3388) a été fondé en 2001 par Armand Mattelart. Unité de recherche rattachée à l’École doctorale Sciences sociales (ED 401) de l’université de Paris 8 Vincennes à Saint-Denis, ses activités s’appuient sur un commun dénominateur épistémologique. Il s’agit là d’un « logiciel » partagé par tous et dont les trois principales caractéristiques sont les suivantes :

     

    1) une inscription dans les sciences sociales :

    le CEMTI revendique son attachement aux sciences sociales qui apparaissent comme le domaine académique pertinent pour penser les théories sociales de la communication. Les activités scientifiques du CEMTI mobilisent une épistémè dont le principe est à même de décrire, d’analyser, de comprendre et d’évaluer les faits sociaux de communication, i.e. de rendre compte des pratiques des sujets sociaux en tant qu’ils sont membres de divers collectifs et qu’ils participent de dynamiques communicationnelles variées mobilisant médias, TIC, idéologies et industries culturelles. Le CEMTI considère que les faits sociaux de communication sont toujours en rapport avec des fins sociales qui relèvent de rapports de force, de formes de domination, de rapports de sens et de rapports pratiques, et que l’individu et le collectif sont intégrés à un même système de relations mettant en lien des structures mentales et comportementales et des structures sociales. Le CEMTI privilégie des approches attentives à la genèse sociale des schèmes de perception, de pensée et d’action des personnes et aux structures sociales (notamment médiatiques) qui en cadrent la portée. Les membres du CEMTI partagent ainsi une approche qui pose que les réalités sociales doivent être comprises à la fois dans leurs genèses et dans leurs structures. Ils s’appuient sur une épistémè relevant d’une pensée structuralo-génétique qui considère que les faits sociaux sont des faits historiques, se construisent par l’action humaine et portent donc en eux la marque de la société (les rapports sociaux de la totalité concrète). Le CEMTI réaffirme ainsi la nécessité de prendre en compte ce processus de construction des faits sociaux dans leurs multiples interactions et de les considérer dans le cadre d’une intervention humaine, qu’elle soit consciente ou non.

     

    2) un principe d’interdisciplinarité :

    le CEMTI encourage les dispositions à l’interdisciplinarité. Cette dernière permet en effet d’éviter l’hyperspécialisation, de lutter contre la dispersion des sciences sociales et humaines en disciplines académiques mutuellement indifférentes, ainsi que de comprendre des faits sociaux de communication comme des réalités dynamiques, plurielles, contradictoires, dépendantes les unes des autres. La variété des sciences sociales et humaines peut se concevoir comme une base pluridisciplinaire à partir de laquelle doivent être conduites des recherches critiques en capacité de saisir la complexité de la réalité sociale (des faits sociaux de communication). Un dialogue cadré des « logies » qui constituent cet ensemble peut permettre à la critique de saisir dialectiquement le singulier, le particulier et le général. En ce domaine, la critique doit donc faire fond sur une marginalité épistémologique qui ne peut se contenter des savoirs insulaires portés par les conflits de territoire liés à l’institutionnalisation disciplinaire. Elle doit relever le défi de la création d’espaces de connexion, de confrontation et de synthèse des apports des sciences sociales et humaines et se doit de lutter contre la dispersion des sciences sociales en disciplines académiques mutuellement indifférentes, voire hostiles les unes aux autres. L’impératif d’avoir à rendre compte de l’étendue de la réalité concrète ne peut se satisfaire de l’hyperspécialisation, antichambre de l’expertise rejetant la médiation du singulier et de l’universel, et d’analyses saisissant les faits sociaux « en dehors » de l’ordre social qui en détermine pourtant la nature. La nécessité empirico-théorique des sciences sociales et des pensées matérialistes ne peut ainsi être rabattue sur un empirisme sectoriel abstrait faisant l’économie d’une médiation théorique permettant de considérer l’éventuelle portée générale du donné social. Elle ne peut non plus emprunter le chemin des « suprêmes théories » (Mills, 1983) qui via une sursimplification réductrice au tout traite des faits sociaux comme de pures abstractions (i.e. à partir de concepts qui sont des fictions et ne sont étayés sur aucune réalité empirique) et visent l’improbable unité des savoirs multiples et diasporés.

    Aussi, les membres du CEMTI sont particulièrement attentifs à établir un cadre d’exercice répondant aux normes de l’esprit scientifique dont la vocation est de produire des connaissances scrupuleusement conquises, construites et constatées. Effectuer un authentique travail de recherche dont le dessein consiste en l’estimation de faits singuliers (rendre intelligible, faire signifier) appelle nécessairement la mise en place de dispositifs globaux d’investigation récusant « à la fois l’empirisme qui réduit l’acte scientifique à un constat et le conventionnalisme qui lui oppose seulement le préalable de la construction » (Bourdieu, 1984 : 24). L’interdisciplinarité oblige à s’appuyer sur un principe empirico-théorique qui va à l’encontre, à la fois de l’empirisme sans concepts et du théoricisme qui fait l’économie de l’administration de la preuve. Il s’agit d’élargir l’idée de faits communicationnels pour considérer, comme des aspects de ce qu’ils sont, à la fois le processus par lequel ils sont devenus ce qu’ils sont et les médiations (médiatiques, culturelles, techniques, etc.) dans lesquelles ils se situent. Sans abandonner le projet d’avoir idéalement à se positionner par rapport à des travaux ayant des identités disciplinaires variées, il s’agit donc de rappeler l’exigence de vigilance épistémologique auquel le CEMTI est tenu et qui lui permettra d’éviter tant les positionnements définitoires confus, que les inventaires qui rabattent le principe de construction des « réalités communicationnelles » sur une liste de thèmes dont on peine à établir la cohérence scientifique.

     

    3) une perspective critique :

    le CEMTI a vocation à se démarquer des impératifs d’expertise et fait fond sur des perpsectives critiques, réaffirmant une filiation avec les « souches » originelles de l’université Paris 8. Le CEMTI revendique donc l’approche critique comme nécessité conduisant à mettre au jour, à analyser et à évaluer des ordres sociaux. Ce que cherche à faire la critique c’est, malgré l’apparente pluralité, diversité et singularité des faits sociaux de communication, de reconstituer l’unité des diverses dimensions de la vie sociale en ce qu’elles expriment des formes de domination qui entretiennent par ailleurs quelque relation entre elles. Autrement dit, la critique cherche à exercer des formes de montée en généralité qui se fondent sur un principe de totalisation, c’est-à-dire sur un principe susceptible de reconstituer l’unité derrière le foisonnement et la diversité apparente. Ce qu’elle préconise est d’envisager les faits sociaux de communication comme historiquement ancrés et d’adopter un point de vue permettant de les recontextualiser dans une structure sociale globale et de les considérer comme des éléments participant à des ordres de domination qui font système. Les recherches du CEMTI s’appuyent sur l’exigence d’un rapport qui doit être maintenu entre la théorie et la pratique. Ce que préconise la perspective critique c’est de se poser la question (en théorie) de sa réalisation pratique, de se placer sous condition de la pratique, laquelle devient un critère de jugement de la connaissance et de son utilité critique, sachant que ladite pratique est censée trancher non sur la validité scientifique, mais sur la pertinence politique du savoir. Les problématiques mobilisées ne rejettent évidemment pas l’objectivité, mais elles considèrent que cette dernière est une construction sociale et les concepts sur lesquels elles s’appuient mêlent donc description, analyse et jugement.

    La critique se construit ainsi contre l’illusion de l’appréhension immédiate du monde, contre le sens commun et contre la pensée unique. Ce qui se donne par exemple pour l’évidence des inégalités (d’accès, d’usage, etc.) n’est bien évidemment que le produit de formes de domination qui n’ont rien de naturelles, mais sont des faits construits, qui sont la conséquence de rapports de domination dont l’efficacité propre réside pour beaucoup dans la méconnaissance qu’ont les sujets sociaux qui les subissent de ce que sont réellement ces rapports de domination. Les perspectives du CEMTI se présentent donc a minima comme une entreprise de défétichisation des rapports sociaux qui fondent les divisions arbitraires de l’ordre social. Pratiquer les sciences sociales depuis une perspective critique est en ce sens une forme de participation au politique, sachant par ailleurs que lesdites sciences sociales ne sauraient être qu’une des multiples ressources du politique qui ne relève lui-même ni d’une compétence particulière, ni d’une science. Enfin, la critique ouvre naturellement la voie à rendre la réalité et l’ordre social inacceptables et invite très directement à agir sur cette réalité et cet ordre social qui tendent à arraisonner le sujet, le réifier, l’amoindrir… L’approche critique a donc un rôle à jouer en participant au travail collectif d’invention politique et a vocation à étudier les dissymétries sociales, notamment en termes de pouvoir, de domination, d’inégalités, d’illusions, de pathologies et d’injustice sociales. Toutefois faut-il ici préciser qu’il ne s’agit à aucun moment de faire passer les sciences sociales en tant que sciences pour la substance même du politique en tant que stratégie, parodie qui relève de « l’illusion typique du lector, [lequel] peut tenir le commentaire académique pour un acte politique ou la critique des textes pour un fait de résistance, et vivre les révolutions dans l’ordre des mots comme des révolutions radicales dans l’ordre des choses » (Bourdieu, 1997 : 10).

  • Projet scientifique

    L’université Paris 8, située aujourd’hui à Saint-Denis, aime à rappeler sa filiation avec l’Université de Vincennes, ou plus précisément avec le « centre universitaire expérimental de Vincennes », tout comme à préciser qu’elle se considère comme une « Université-monde ». Il ne s’agit pourtant pas là de simples coquetteries géographiques, mais d’assumer et de revendiquer pleinement une « hérédité scientifique » qui tient à la marginalité de « l’aventure de la pensée critique » (Djian, 2009). Le thème des marges sur lequel le CEMTI a choisi de bâtir son orientation scientifique est une des thématiques inspiratrices du savoir critique qui fît l’originalité des formations, des enseignements et des recherches menées depuis 1969 à l’université de Vincennes, puis de Vincennes à Saint-Denis. Les marges furent aussi caractéristiques des publics de ce lieu de formation « à part », qui le premier a accueilli des non-bacheliers, des travailleurs et des étudiants de toutes origines géographiques et sociales, mais su également faire la part belle à des enseignants marginaux, piqués d’interdisciplinarité, pour certains visionnaires et dont les pensées audacieuses, transgressives et exigeantes sont aujourd’hui mondialement connues et reconnues.

     

    Médias, Cultures & Marges

    Le projet scientifique que propose le CEMTI s’intitule Médias, Cultures & Marges. Il met l’accent sur la dimension critique des recherches, sur leur aspect interdisciplinaire et international, et affirme son ancrage dans une thématique attentive aux mobilisations sociales sur les réseaux numériques, aux minorités et diasporas, à l’économie informelle ou aux pratiques alternatives. Se positionner au carrefour des faits sociaux médiatiques et culturels sous l’angle de la marginalité, c’est se placer au cœur du bouillonnement contemporain, non pour l’adouber ou l’accompagner, mais en le prenant en quelque sorte à revers, depuis des perspectives décalées, décentrées, en partant des marges et en se jouant des frontières. Aussi les marges (médiatiques et culturelles) sont envisagées depuis cinq principes à partir desquels, et selon des combinaisons à chaque fois singulières, se construisent des problématiques à géométrie variable.

    1) Les publics dominés : travailler sur les marges vaut en premier lieu nécessité à s’intéresser aux publics usagers des médias et des TIC, porteurs de cultures non dominantes (i.e. éloignées de la culture des dominants quels qu’ils soient), peu visibles ou « minoritaires ». Les classes populaires, les populations immigrées, les publics subalternes, les groupes ou individus considérés comme « marginaux » ou en rupture d’une quelconque manière avec les normes communes des ordonnancements sociaux sont les terrains privilégiés qu’arpente le CEMTI. Cette proximité avec les « sous-cultures », les minorités (actives ou non), les périphéries et les « déviants » n’est pas nouvelle, tant s’en faut. Outre les classes populaires, les recherches menées au sein du CEMTI s’intéressent depuis plusieurs années aux minorités linguistiques, aux sujets émigrés et immigrés, ou encore à des publics singuliers comme les mineurs délinquants.

    2) Les pratiques sociales alternatives : prêter attention aux marges, c’est également s’intéresser aux activités de production, de diffusion et de réception alternatives, c’est-à-dire aux usages sociaux qui s’opposent et se construisent tout contre les pratiques dominantes d’un secteur institutionnel particulier (l’État, les médias de masse, les industries culturelles, etc.). Ici, les cas des économies parallèles ou des médias alternatifs peuvent être considérés comme exemplaires des espaces culturels et médiatiques périphériques qui semblent particulièrement intéressants à investiguer, notamment parce qu’ils sont corrélés à des formes particulières de critique sociale.

    3) Contournements et détournements : les marges peuvent également se trouver et s’étudier au cœur même du « centre ». Les phénomènes de création, d’expérimentation et de détournement font partie du répertoire des phénomènes sociaux que le CEMTI cherche à analyser, et ce notamment dans leurs rapports contradictoires et dialectiques avec les formes de centralité auxquelles ils appartiennent tout en s’en démarquant.

    4) Marges, médias, cultures et mondialisation : appréhender les processus de mondialisation à partir de la perspective des marges, c’est offrir sur ce phénomène, le plus souvent étudié à partir des réalités d’Europe occidentale ou d’Amérique du Nord, un regard décentré. Il s’agit d’étudier les réalités des médias et de la mondialisation en dehors des contextes de l’Europe de l’Ouest et de l’Amérique du Nord et de porter l’attention sur des territoires que celles-ci considèrent comme les marges du monde, mais aussi de se pencher sur ce que les populations en marge vivant dans les pays occidentaux font des flux communicationnels ou culturels transnationaux. L’attention portée aux marges invite également à s’intéresser à d’autres modalités de diffusion des biens communicationnels que celles qui ont cours dans les économies formelles de la communication, modalités qui sont, jusqu’ici, largement restées dans l’ombre, en dépit de leur importance.

    5) Perspectives théoriques hétérodoxes et attendus méthodologiques novateurs : les manières d’appréhender les marges peuvent être elles-mêmes marginales si ce n’est tout du moins originales et se démarquer des approches les plus courantes et les plus courues. Le positionnement fondamentalement critique du CEMTI lui réserve déjà une situation hétérodoxe dans les champs académique et disciplinaire, mais au-delà de cette exigence épistémologique, le CEMTI souhaite également faire découvrir des lieux de la pensée peu, voire pas du tout empruntée dans les domaines d’exercice au sein desquels il s’inscrit. Il s’agit évidemment de mobiliser ses ressources conceptuelles de façon heuristique en les faisant travailler sur les objets de prédilection du CEMTI, démarche qui conduit, d’une part, à améliorer la portée à la fois descriptive et critique de ces systèmes conceptuels ; d’autre part, à aller plus loin dans la compréhension et la qualification des phénomènes sociaux qui intéressent le CEMTI. Par ailleurs, le CEMTI porte une attention particulière à la construction de ses objets de recherche, aux dispositifs d’enquête et à ce que Bernard Lahire qualifie de sociologie expérimentale (en tant qu’elle se fonde sur une expérience scientifique). Nombre des recherches que le CEMTI a déjà menées se fondent ainsi sur une forte curiosité pour les étapes d’opérationnalisation et témoignent d’un souci d’innovation quant aux méthodes de production et notamment de la variation des échelles d’observation permettant de restituer certaines médiations entre le singulier et le général.

  • Axes internes

    Le Cemti est organisé autour de trois axes transversaux qui ne sont pas des structures de production, mais de réflexion, i.e. ont vocation à organiser un travail collectif autour de problèmes scientifiques particuliers. Les chercheur(e)s de l’EA ne sont pas affilé(e)s spécifiquement à un axe.

     

    Axe 1 : Épistémologies et critique

    Cet axe pourrait accueillir les efforts de réflexion sur les épistémologies et les paradigmes, conduits dans une visée d’évaluation de leurs apports à un projet scientifique critique. Il pourrait constituer un lieu d’échange autour des points de convergence et de divergence des différentes traditions de recherche qui se trouvent représentées au sein des séminaires, « ateliers critiques » et travaux des membres du CEMTI. Il constituerait, enfin, l’occasion d’une réflexion sur les formes que peut prendre l’interdisciplinarité dans la pratique des SIC qui est celle des membres de l’équipe.

     

    Axe 2 : Industries culturelles et expériences médiatiques

    Cet axe aurait vocation à articuler les questions relatives à la production et circulation des contenus, aux pratiques de réception et aux usages. Il pourrait être dédié aux discussions méthodologiques et théoriques sur les manières de mettre en rapport différents « moments » (production/réception) ou différentes échelles (micro/macro, national/transnational), afin de saisir dans un même mouvement les logiques multiples qui sous-tendent les industries culturelles et les expériences médiatiques.

     

    Axe 3 : Communication, rapports sociaux et résistances

    Cet axe vise à discuter les catégories d’analyse utiles pour appréhender les relations que les faits médiatiques et culturels entretiennent avec les rapports sociaux de classe, de race et de sexe, ainsi qu’avec les rapports de domination à l’échelle internationale. Il pourrait d’une part autoriser la mise en tension de ces différents prismes de lecture de l’espace social pour penser leurs entrelacements concrets dans les existences, d’autre part être un espace de réflexion dédié à la dialectique domination/résistance.

     

    Projets transversaux

    Les trois principaux projets intra-laboratoire portent sur les thèmes suivants :

    • Médias, technologies, et (contre-)révolutions : loin des analyses enchantées qui ont fleuri au lendemain des dits printemps arabes louant la force libératrice des réseaux, il s’agit d’analyser, dans une perspective critique, la manière dont des acteurs sociaux aux intérêts antagonistes ont pu tour à tour avoir recours aux médias ou aux technologies numériques pour faire la révolution ou au contraire enrôler ceux-ci au service de la contre-révolution.
    • Journalisme intégré en Europe : le projet s’intéresse à l’évolution des pratiques journalistiques face à l’intégration numériques des médias (presse écrite, télévision, radio et Internet) et propose d’analyser la façon dont les cursus universitaires prennent en compte ces formes de « journalisme intégré ». Il a notamment pour objectif de tester un modèle coopératif commun (grâce à une plateforme en ligne) permettant de développer des compétences chez des étudiants capables de travailler dans un environnement journalistique multilingue.
    • Cultures critiques et mondialisation : production, diffusion, appropriation : il s’agit là de comprendre les cultures critiques en tant qu’elles sont les précipités symboliques des sociétés contemporaines, qu’elles s’inscrivent dans le temps long de l’histoire et des traditions de pensée, mais sont aussi la conséquence de pensées situées et de séquences politiques hétérogènes. Quatre thèmes d’étude intéressent plus particulièrement le CEMTI : les espaces de production des cultures critiques ; leurs espaces de diffusion : industries et médias de la critique ; les espaces collectifs d’actualisation : cultures critiques et action collective ; les espaces d’appropriation : cultures critiques, individus et puissance d’agir.

  • Réglement intérieur

    • Article 1 : objet

    Le laboratoire CEMTI (EA 3388) est une unité de recherche rattachée à l’École doctorale Sciences sociales (ED 401) de l’université de Paris 8 Vincennes à Saint-Denis. Le CEMTI a pour objectif d’inciter, de faciliter et de coordonner les activités de recherche scientifique de ses membres, à titre individuel, mais surtout dans le cadre de projets collectifs à dimension nationale ou internationale. Elle contribue à la production, à la diffusion et à la valorisation de connaissances critiques sur les faits sociaux de communication, ainsi qu’à la formation doctorale.

    • Article 2 : membres

    Le CEMTI regroupe des enseignants-chercheurs, des chercheurs et des doctorants de l’UFR Culture & communication (université Paris 8), mais aussi, plus largement, des collègues menant des activités de recherche dans le domaine des sciences humaines et sociales (au premier chef les sciences de l’information et de la communication, mais également la sociologie, l’histoire, les sciences de l’éducation, les sciences politiques, etc.) et portant sur les objets de prédilection du CEMTI : médias, TIC, culture, internationalisation, etc. Est membre de droit du CEMTI tout enseignant-chercheur recruté sur un emploi dont la fiche de poste prévoit le rattachement au laboratoire.

    Le laboratoire est composé de :

    • membres permanents : ce sont des enseignants-chercheurs ou chercheurs titulaires, principalement rattachés à l’UFR Culture & communication (université Paris 8), ou bien d’autres établissements universitaires français ou étrangers. Les membres permanents du CEMTI peuvent par ailleurs être associés à d’autres équipes ou laboratoires de recherche français ou étrangers, mais nul ne peut être membre permanent de plus d’un laboratoire. Sont également membres permanents du CEMTI, les personnels administratifs qui y effectuent tout ou partie de leur service.
    • membres associés : ce sont les doctorants suivis (direction, co-direction, co-tutelle) par au moins un des membres permanents du CEMTI et inscrits en thèse au sein de l’école doctorale Sciences sociales (ED 401-Paris 8), les chercheurs en post-doctorat que l’équipe accueille pendant la durée de leur mission, ainsi que les jeunes docteurs ayant récemment soutenu leur thèse de doctorat. Les jeunes docteurs du CEMTI continuent ainsi à être membres associés du CEMTI pendant une durée de 36 mois à partir de la date de soutenance de leur travail doctoral. Ils doivent ensuite, pour rester affiliés au CEMTI, faire une demande par écrit de membre associé, par courrier adressé au directeur du laboratoire.

    Peuvent être également membres associés des enseignants-chercheurs ou chercheurs, titulaires d’une autre université ou appartenant à une autre institution de recherche, mais qui souhaitent participer aux activités du CEMTI, tout en restant attachés de manière principale à un autre laboratoire. Peuvent aussi être membres associés les professeurs émérites, les PAST, les MAST, les enseignants du second degré, les ATER, ainsi que toute personnalité qualifiée en raison de son expertise ou compétence scientifique. Les membres associés doivent explicitement manifester leur volonté d’adhérer au CEMTI. La demande d’adhésion doit se faire par courrier adressé au directeur du laboratoire. Elle comprend une lettre de motivation et un CV scientifique détaillé. Cette demande est soumise à la délibération du conseil de laboratoire puis transmise, avec la délibération, à la direction de la recherche et à la vice-présidence du conseil scientifique. Sous réserve de l’examen de la recevabilité de la demande, l’admission du nouveau membre prend effet à la date de transmission de la délibération favorable à la demande.

    • Article 3 : démission, radiation

    Tout membre du CEMTI peut en démissionner. Il en informe alors par écrit le directeur qui transmet l’acte de démission au conseil du laboratoire, puis à la direction de la recherche et à la vice-présidence du conseil scientifique. Toute démission ne prend effet qu’à la date de réception par la dernière instance à laquelle elle est notifiée. Statuant à la majorité absolue de ses membres en exercice, le conseil du CEMTI peut décider de radier un membre, dans le respect du principe du contradictoire. La décision de radiation doit être clairement motivée et notifiée à l’intéressé, qui doit être entendu par le conseil, puis transmise à la direction de la recherche et à la vice-présidence du conseil scientifique. Dans les deux mois suivant la notification de la décision de radiation, le membre radié peut exercer un recours auprès du conseil scientifique siégeant en formation restreinte.

    • Article 4 : les instances

    Les instances d’un laboratoire sont : le directeur ; le conseil de laboratoire ; l’assemblée générale. Placé sous l’autorité d’un directeur, le laboratoire est administré par un conseil.

    • Article 5 : direction

    Le CEMTI est dirigé par un directeur, nommé par le Président de l’université sur proposition du conseil émise à la majorité absolue au premier tour et relative ensuite, après avis du conseil scientifique. Le directeur est choisi parmi les membres permanents en exercice, professeurs des universités ou maîtres de conférence habilité à diriger des recherches, enseignant par ailleurs au sein de l’UFR Culture & communication (université Paris 8). Son mandat est de 5 ans (soit la durée du contrat d’établissement), renouvelable une fois. En cas de démission ou d’empêchement définitif, le mandat du nouveau directeur expire au terme du mandat du précédent directeur. En cas de manquement grave, après avis ou saisine du conseil du CEMTI délibérant à la majorité absolue de ses membres en exercice, le Président de l’université peut mettre fin à ses fonctions, après instruction et sur avis du conseil scientifique siégeant en formation restreinte. Le directeur met en œuvre la politique de recherche du CEMTI. Il représente le laboratoire auprès des instances ou services de l’université et des institutions partenaires. Il désigne, le cas échéant, parmi les membres du laboratoire, un suppléant qui, en son absence, pourra le représenter auprès de ces instances. Le directeur établit également l’ordre du jour de chaque séance du conseil, qu’il réunit au moins trois fois par an. Il signe et publie le compte rendu de chaque séance du conseil de laboratoire. Il peut inviter au conseil toute personne jugée utile qui y siège sans voix délibérative.

    Il informe le conseil de l’exécution et du suivi du budget annuel et propose, le cas échéant, les modifications budgétaires qui s’imposent. Dans le cadre de la dotation inscrite au budget du laboratoire, par délégation expresse du Président de l’université, il signe les engagements de dépenses. Il vise, pour accord préalable, toutes les conventions ou contrats impliquant le laboratoire, avant toute transmission aux instances et préalablement à la signature du Président, unique autorité habilitée à engager l’établissement pour le compte du laboratoire.

    • Article 6 : animateurs/trices des axes internes

    Le laboratoire est constitué d’axes internes animés, chacun, par un enseignant-chercheur ou un binôme d’enseignants-chercheurs parmi les membres permanents du CEMTI (à l’exclusion des personnels administratifs). Après avis conforme du conseil, le directeur du CEMTI désigne, parmi les membres permanents du laboratoire (à l’exclusion des personnels administratifs), les animateurs/trices de chacun des axes internes. Leur mandat est renouvelable une fois. Professeurs ou maîtres de conférences, ils ont pour fonction première d’animer scientifiquement chacun des axes internes : échange sur les problématiques, les épistémologies et les objets de recherche des membres de l’équipe d’accueil, incitations au travail collectif et aux synergies, inscriptions dans les thèmes de recherche du laboratoire, etc.

    • Article 7 : administration du CEMTI

    L’instance d’administration du CEMTI est son conseil. Ledit conseil est composé de membres de droit et de membres élus. Les enseignants-chercheurs et chercheurs doivent disposer d’au moins deux tiers de l’ensemble des sièges au conseil de laboratoire. Ils se répartissent entre membres de droit, membres désignés (animateurs/trices des axes internes) et membres élus. Le laboratoire est administré par son directeur, avec l’aide d’un conseil constitué, outre ledit directeur, par :

    • les membres de droit du laboratoire : directeurs de recherche, professeurs et maîtres de conférences HDR ;
    • les animateurs désignés des axes internes (s’ils ne sont pas déjà membres de droit) ;
    • un responsable élu parmi les doctorants, jeunes docteurs et post-doctorants ;
    • un enseignant-chercheur ou chercheur statutaire, membre permanent du laboratoire, mais non membre de droit ;
    • ainsi qu’un membre, s’il y a lieu, des personnels administratifs du laboratoire.

    Les membres du conseil du CEMTI (de droit, désignés ou élus) occupent leurs fonctions pour une durée de 5 ans, soit la durée du contrat d’établissement. Les élections ont lieu au début de la première année de chaque nouveau contrat d’établissement. Les représentants sont élus par collège (collège des enseignants-chercheurs et chercheurs statutaires non membres de droit ; collège des personnels administratifs ; collège des doctorants, jeunes docteurs et post-doctorants) au suffrage direct et au scrutin secret plurinominal à un tour, proportionnel, sans panachage et au plus fort reste. Il n’est procédé à des élections partielles que si un tiers au moins des sièges d’un collège est devenu vacant. Le mandat des nouveaux élus s’achève avec celui des autres membres du conseil. Le conseil de laboratoire est présidé par le directeur du laboratoire Le conseil est réuni au moins trois fois par an à la diligence du directeur ou à la demande d’un tiers de ses membres. L’ordre du jour de chaque séance est établi par le directeur et transmis aux membres du conseil au moins huit jour avant la séance. L’ordre du jour est accompagné de tous documents utiles ou nécessaires aux délibérations. Le conseil ne délibère valablement que si la moitié de ses membres, au moins, est présente ou représentée. Si le quorum n’est pas atteint, le directeur choisit une autre date de réunion qui a lieu au moins deux jours après la précédente, avec le même ordre du jour. Aucune condition de quorum n’est alors requise. Tout membre du conseil peut se faire représenter pour la séance ou en cours de séance par un autre membre du conseil.

    Le conseil de laboratoire délibère à la majorité des suffrages exprimés. Un relevé de délibérations est adressé à chaque membre du laboratoire. Le conseil de laboratoire adopte, au plus tard le 1er décembre, la proposition de budget prévisionnel de l’année suivante. Le conseil de laboratoire délibère sur : l’adoption et la révision du règlement intérieur le nom du laboratoire qui est établi pour une période minimale de cinq ans ; l’admission et la radiation des membres du laboratoire ; les moyens budgétaires du laboratoire et leur répartition : le conseil établit notamment les principes de répartition du budget entre équipement, fonctionnement et dépenses de personnel, ainsi qu’entre les projets collectifs et les missions individuelles ; le programme et la coordination des recherches ; la politique de recrutement : le conseil donne notamment son avis sur toute demande de recrutement concernant le laboratoire ou les formations adossées au laboratoire, ainsi que sur les profils de poste ; la politique partenariale ; les contrats de recherche ; la politique de valorisation des résultats, de diffusion de l’information scientifique et technique ; toute mesure relative à la formation doctorale, à la formation initiale et permanente à laquelle le laboratoire est intéressé ; les avis formulés par les instances d’évaluation et les mesures susceptibles d’être prises eu égard à ces avis : le conseil reçoit à ce titre communication des documents et rapports préparés par le directeur ; toute mesure relative à l’organisation et au fonctionnement du laboratoire ; toute autre question proposée par le directeur ou par le conseil lui-même à la demande d’un tiers de ses membres. Le conseil de laboratoire examine le rapport annuel d’activité du laboratoire et des équipes internes, qu’il apprécie au regard de la stratégie du laboratoire. Le rapport annuel est transmis à l’assemblée générale du laboratoire, puis à la direction de la recherche et à la vice-présidence du conseil scientifique. Tout rapport d’activité sollicité par le conseil scientifique doit être préalablement examiné par le conseil de laboratoire.

    • Article 8 : assemblée générale

    L’assemblée générale réunit au moins une fois par an tous les membres du laboratoire. Elle est convoquée par le directeur du laboratoire, le conseil de laboratoire ou par un tiers des membres du laboratoire. L’assemblée générale formule des recommandations qui sont transmises pour examen au conseil de laboratoire. L’assemblée générale examine le rapport sur l’activité et les projets du laboratoire et des équipes internes, axes ou groupes.

    • Article 9 : équipement

    Les équipements acquis sur les crédits et moyens du CEMTI, y compris à l’initiative d’un membre, font intégralement partie du fonds scientifique inventorié du laboratoire. Tout membre est tenu de conserver en bon état le matériel mis à sa disposition en vue de l’exercice de ses fonctions ; il ne doit pas utiliser ce matériel à d’autres fins, notamment à des fins personnelles, sans l’autorisation du directeur. Toute perte ou détérioration doit être immédiatement signalée et traduite dans l’inventaire du laboratoire. Tout membre n’appartenant plus au laboratoire ne peut prétendre conserver ou utiliser les équipements du laboratoire. En cas de dissolution du laboratoire, sauf dispositions contraires, ces équipements sont réaffectés par l’établissement.

    • Article 10 : dispositions transitoires

    Sans préjudice de l’actualisation de la liste des membres des laboratoires intégrant les départs, mutations, nouveaux recrutements, changements d’affectation, etc., sont réputés membres du laboratoire tous les enseignants-chercheurs, chercheurs, personnels administratifs, doctorants et post-doctorants qui figurent sur la liste de l’unité reconnue lors de la contractualisation. Les responsables des laboratoires en fonction à la date de la parution du règlement général sont chargés d’en assurer l’application. En conformité avec les dispositions du règlement général, les propositions de règlement intérieur de chaque laboratoire sont élaborées par leur directeur et soumises pour avis au conseil de laboratoire. Le règlement général des laboratoires prévaut sur le règlement intérieur du laboratoire. La durée des mandats des membres élus au conseil de laboratoire est limitée à la période qui court de l’élection à l’expiration du contrat quinquennal en cours. Tout projet de règlement intérieur est soumis pour avis au conseil de l’école doctorale à laquelle est rattaché le laboratoire, puis au conseil scientifique. Il est approuvé par le conseil d’administration de l’université Paris 8.

  • Conseil d’administration

    Direction :
    Fabien GRANJON

    Responsable administrative :
    Fathé MANSEUR

    Membres du conseil du laboratoire
    Sébastien BROCA
    Maxime CERVULLE
    Fabien GRANJON
    Jacques GUYOT
    Sophie JEHEL
    Benoît LELONG
    Christophe MAGIS
    Fathé MANSEUR
    Jacob MATTHEWS
    Alexander NEUMANN
    Julie PEGHINI
    Alexandra SAEMMER
    Ulrike Lune RIBONI